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Petite hydroélectricité : une solution pour les collectivités

28 oct.
4 min de lecture

Alors que les prix des hydrocarbures flambent, le gouvernement annonçait le 10 avril 2026 le lancement du plan d’électrification, face aux enjeux de souveraineté nationale mais aussi de transition énergétique. Dans un tel contexte, l’hydroélectricité, première source d’énergie renouvelable en France, suscite un intérêt croissant. Partout en France, des collectivités utilisent le potentiel de leurs ouvrages hydrauliques existants pour produire une énergie renouvelable et locale, répondant aux besoins énergétiques locaux.


Dans un reportage publié le vendredi 9 octobre 2026, France info a mis en lumière deux collectivités qui ont fait le choix de l’hydroélectricité : l’une en installant et équipant une roue à aubes, l’autre en équipant son barrage d’une turbine.


À Gœulzin, la renaissance d’un moulin

Avec un peu plus de 1000 habitants, le village de Gœulzin a fait le choix d’exploiter la Petite Sensée, rivière qui le traverse, afin de produire de l’électricité. C’est donc sur les vestiges d’un moulin du XVIIème siècle qu’a été installée une roue à aubes, permettant d’utiliser la force de la chute d’eau au profit de la commune. Installée depuis 5 ans, elle tourne 24h/24 à une vitesse de 1500 tours par minute, entraînant une quasi-autonomie énergétique. La consommation annuelle liée aux activités des habitants (éclairages, école, cantine, appareils électroniques…) est donc produite localement, permettant d’économiser jusqu’à 30 000€ par an. Financée à 70% grâce à des subventions, la petite centrale hydroélectrique s’est auto remboursée en moins de 4 ans.


Beaucaire, une turbine pour la consommation électrique de 26 000 habitants

À Beaucaire, ce n’est pas une roue à aubes qui permet la production d’électricité, mais bien une turbine installée sur un barrage. Début octobre, la Compagnie Nationale du Rhône a inauguré sa première petite centrale hydroélectrique, installée sur le rivage au bord du Rhône. Avec une turbine de 4,5 mètres de diamètre et quatre pales, elle permet de continuellement fonctionner à puissance maximale, contrairement à de plus grosses centrales. Sa production équivaut à la consommation électrique annuelle de 26 000 habitants, et la CNR ne compte pas s’arrêter là puisqu’elle souhaite équiper six autres barrages, ce qui permettrait de couvrir la consommation électrique de 115 000 habitants.


Petite centrale hydroélectrique basée à Oumans.
Photographie d'une petite centrale hydroélectrique à Oumans

Générer sa petite hydroélectricité, pas si facile !

En France, il existe plus de 2000 petites centrales hydrauliques, mais il reste encore 36 000 moulins à eau qui n’attendent qu’à produire de l’électricité verte à l’échelle locale !

Cependant, créer une petite centrale hydroélectrique n’est pas aussi simple que cela pourrait paraître. Tous les sites n’ont pas le même potentiel et ne nécessitent pas la même technologie. De plus, il est indispensable de prendre en compte les enjeux environnementaux, avec dans certains cas l’obligation légale de rétablir la continuité écologique (grâce à une passe à poissons ou à une rivière de contournement).


L’étude de potentiel territorial par Moulins Demain

Permettre au territoire de disposer d’une vision claire de son potentiel, faciliter la hiérarchisation des sites et analyser plus en profondeur la rentabilité des sites jugés les plus prometteurs, voici les objectifs que nous visons en proposant à des communautés de communes d’étudier leur potentiel territorial.

Cette étude de leur territoire est en général divisée en plusieurs étapes :


1 – Collecte des données

Cette première étape consiste à faire l’inventaire de tous les ouvrages hydrauliques potentiellement exploitables (seuil, ancien moulin, barrage, prise d’eau industrielle...), et à cartographier l’ensemble des capacités de raccordement au réseau électrique ainsi que l’ensemble des sites et leurs contraintes techniques, administratives, environnementales et foncières.


2 – Présélection des sites

Une fois l’intégralité des sites inventorisés, nous les classons en fonction de différents critères (enjeux techniques, administratifs, environnementaux), afin d’obtenir une liste des principaux sites pertinents, de les cartographier, et de commencer à estimer les coûts et les revenus potentiels des projets.


3 – Faisabilité technique

Cette étape consiste à aller sur site afin de vérifier l’état de fonction des ouvrages hydrauliques, et d’effectuer diverses mesures nécessaires pour la réalisation de l’étude (hauteur de chute, débit, dimensions des ouvrages…). C’est aussi l’occasion de faire une étude hydrologique précise pour déterminer le débit disponible pour la production, le débit réservé à laisser dans le cours d’eau naturel et l’impact du changement climatique sur la ressource. Suite à cela, jusqu’à 3 solutions techniques par site sont envisagées, à partir d’un catalogue de plus de 20 fabricants de turbines, et le mode de valorisation énergétique est identifié.


4 – Analyse économique, juridique, et montage de projets

À la faisabilité technique s’ensuit une estimation des coûts et des revenus selon les solutions déterminées, en identifiant notamment les aides mobilisables. De plus, une modélisation économique est construite selon chaque projet, sous forme d’un business plan permettant de calculer les indicateurs clés et les différents montages possibles.


5 – Stratégie territoriale et plan d’action

Une fois cette analyse des sites réalisée, des scénarios de développement de la petite hydroélectricité à l’échelle du territoire sont définis, ainsi qu’une feuille de route opérationnelle et un planning de développement des projets priorisés.

 

Vous êtes intéressé à connaître le potentiel hydraulique de votre commune ou votre territoire ? Vous souhaitez en savoir plus ? N’hésitez pas à nous contacter !

Curieux d’en savoir davantage sur les collectivités qui ont déjà fait le choix de l’hydroélectricité ?


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